chapitre 4
Une rage terrible s’empara soudain de moi. L’odeur du sang me montais à la tête. La meute étais entrain de s’effriter à une vitesse plus qu‘inquiétante. D’abord Braeris, ensuite Cerhia et Trierae, et maintenant Sireal... La douleur et la rage se mêlèrent. Le sang me battais au tempes, mon cerveau cessa de fonctionner normalement. Plus rien ne comptais, plus rien n’existais autour de moi. Je courus jusqu’au campement, une colère aveugle s’étant emparée de moi; une rage proche de la folie grondais en moi, comme un monstre retenu emprisonné dans un espace trop étroit qui chercherais à s’enfuir, et dont les barreaux de la cage cédaient les uns après les autres.
La scène que je vis alors que j’arrivais au campement me pétrifia d’horreur. Un homme vêtu d’une cape noire, comme le précédent affrontais seul Jiehys, Syllah, Jariha, wirio et Callia. Braerik étais étendu plus loin, une profonde entaille à l’abdomen dénudais ces entrailles rouges et fumantes. Mais par miracle, il étais vivant. Je le vis à sa respiration qui soulevais son ventre en charpie. Nous ayant aperçue, Syllah quitta le combat d’on bond souple et gracieux, la mettant hors de portée de la lame de lune de notre adversaire et courus jusqu’à Braerik. Je m’apprêtais à me jeter dans le combat et à laisser ma rage et ma colère se déverser contre notre ennemi, lorsque, du coin de l’œil, je perçus un mouvement provenant d’un bouquet d’arbre un peut plus loin. Je me glissais lentement dans cette direction, et posais la main sur la poignée de Vengeance. C’est à ce moment là que je m’aperçue que j’avais repris forme humaine. Sans réfléchir d’avantage, je progressais lentement vers les arbres, mes muscles tendus, en alerte, tel un chat se préparant à bondir sur sa proie. Pensant sans doute qu’il étais inutile de se cacher plus longtemps, L’homme en cape noire sorti lentement de derrière les arbres. Il étais en tout point identique à celui que j’avais combattu deux jours plus tôt. Peut-être un peut plus grand, mais cela importais peut. nous nous tournions autour tel deux loups attendant le moment propice pour attaquer. Je savais exactement comment le forcer à attaquer le premier. Encore deux pas. Plus qu’un. Je trébuchais. Il bondit sur moi. D’un mouvement souple, je m’écartais de façon à ne plus me trouver sur sa trajectoire. Sa lame de lune m’entailla le bras, mais la blessure n’étais que superficielle, et je m’en désintéressais. Il étais dos à moi, déséquilibré, et tout proche. D’un gracieux mouvement du bras, plantais ma lame et la ressortis immédiatement pour ne pas me retrouver désarmée face à lui.. Il roula sur le sol et se releva souplement. Je l’avais raté. A cause de la cape, je n’avais pas bien vu là ou je devais frapper et je lui avais enfoncé ma lame dans l’épaule gauche au lieu de transpercer le cœur en glissant la longue lame sous l’omoplate. Je bondis en arrière pour me tenir hors de portée de son arme. La scène n’avais durée qu’une seule seconde, mais on aurais dit des heures. nous nous remirent à nous tourner autour tels deux fauves, crachants, furieux.
D’une main, il retira le capuchon qui lui dissimulais le visage. Ses yeux étaient de la même couleur d’or jaune que celui que j’avais tué, et ses cheveux avaient la même teinte châtain. Mais lui, il me souriais. D’un sourire carnassier, le regard avide.
- Ce combat promet d’être intéressant. Dit-il d’une voix grave et posée. C’est toi qui a tué mon frère n’est-ce pas?
impassible, j’acquiesçais sans rien dire. Un rictus glacial se dessina sur son visage.
-Alors il va me falloir le venger.
-Et mes frères devrons me venger, et les votes à leur tour ensuite voudrons venger les leurs, et cela ne s’arrêtera jamais.
-C’est possible, mais c’est pour cela que nous avons étés formés non? Tuer pour ne pas être tué.
- Alors je crains que ton enseignement ne porte pas ses fruits.
-Tu diras çà à tes amis lorsque tu les retrouvera. Ce qui ne devrais pas tarder. Son sourire s’agrandit en voyant un éclair de rage traverser mon regard.
-Nous n’avons rien en commun malgré ce que tu prétends. Nous sommes des assassins, mais nous tuons pour notre propre compte, par rapport aux intérêts que nous apportes une vie. Vous, vous tuez parce qu’on vous a dressé pour ça, comme des petits chiens bien dressés. je prononçais cette phrase avec tout le dégoût et le ressentiment qu’il m’inspirait. Il sembla que j’avais frappé au bon endroit et que ce que je venais de dire soit un sujet de discorde car malgré son sourire, je put voir certains signes de contrariété sur son visage. Sa mâchoire se crispa, ses yeux se rétrécirent et les commissures de ses lèvres tremblèrent, mais il se repris immédiatement. Nous nous immobilisèrent, nous fixant dans les yeux. Puis, tels deux fauves, nous bondirent l’un sur l’autre avec souplesse et grâce. j’évitais sa lame avec autant d’aisance qu’il évita la mienne. nous nous retrouvâmes l’un contre l’autre. je me renversais en arrière, évitant de peux son arme et lui balançais ma lame vers la jambe. Il évita le coup d’un bond souple. Je posais les mains au sol et lançais mes jambes pour me retrouver debout et assez loin de lui. Mais lorsque je me redressais, il étais encore collé à moi. nous échangeâmes des coups, mais aucun n’atteignit son but. Les lames s’entrechoquaient dans un bruit d’enfer. un instant, il me présenta son épaule. ma lame étais prise, donc de ma main libre, je me hissais sur lui. Il bondit au sol et j’eus tout juste le temps de le blesser au bras avant de bondir pour ne pas être entraînée au sol avec lui. D’une roulade souple, il se releva et vint immédiatement le plus près de moi possible. Il avais compris que cette proximité me gênais et il en profitais. Je n’étais pas assez forte physiquement pour le repousser. Il étais plus rapide, plus habile aussi que celui que j’avais battu précédemment. Je sentais l’odeur de sa sueur, la force de son souffle, la douceur de sa peau, les battements de son cœur contre le mien. Je voyais ses muscles se contracter, ses pupilles se dilater dans ses yeux au regard brillant. J’augmentais ma vitesse. Nos mouvements devinrent flous. Enfin, je parvint à “enrouler” ma lame autour de la sienne. Voyant je j’allais le désarmer, il lâcha la poignée et de sa main libre frappa mon bras. Surprise, je lâchais à mon tour mon arme. Le combat à main nue commença. Nos deux corps trempés de sueur se frôlaient, se touchaient. Nous nous plaquions l’un contre l’autre puis nous nous séparions tels deux danseurs exécutants une chorégraphie aux mouvements complexes. Il y avait dans ce combat comme quelque chose d’érotique. Soudain, derrière moi retentit un cri. Mes compagnons étaient enfin arrivés à bout de l’homme. Cela dût me déconcentrer car mon adversaire immobilisa brusquement les mains.
- Je dois partir à présent. Ce fut un plaisir. Me dit-il. Et il pencha son visage vers le mien et m’embrassa. Ses lèvres étaient douces. J’ignore pourquoi, je n’essayais pas de me libérer. Au contraire, je lui rendit son baiser. Il s’écarta de moi et lorsqu’il me lâchais, je m’effondrais sur le sol humide. Il m’adressa un sourire et en quelques enjambées disparut dans la pénombre du bouquet d’arbres d’ou il étais sorti. j’aurais voulu pouvoir lui déchirer la gorge avec mes dents en cet instant. Jamais personne ne m’avait humilié à ce point. Je me maudissait. Si seulement j’avais réussi à lui enfoncer ma lame de lune dans le corps... Au lieu de cela je l’avais laissé me manipuler. Stupide. J’étais absolument stupide. je sentie lentement la douleur dans ma jambe battre au rythme de mon cœur. Je ramassais vengeance et repris la forme d’une louve. Je rejoint mes amis. Aucun ne semblait avoir été témoin de la scène et j’en fus soulagée. Ils ne souffraient que de quelques égratignures, mais rien de très grave.
-Il ne faut pas traîner ici. Dit Percian.
- Nous devons enterrer le corps de Sireal avant de partir.
- Nous n’avons pas le temps. Il faut l’immoler.
Jiehys poussa un petit gémissement. Des larmes roulaient le long de ses joues, se mêlant au sang d’une éraflure qu’elle portait à la joue et qui rappelais étrangement la cicatrice de Sireal. Je m’approchais d’elle et lui mis la main sur l’épaule.
- Je suis désolée, mais nous n’avons vraiment pas le choix. Il est le premier de nos frères dont le corps ne servira pas à nourrir les charognards.
Elle acquiesça, l’air résignée. Ses yeux noisettes étaient rougis de larmes. Ses lèvres tremblaient et sa mâchoire était serrée. Elle ne voulait pas nous dévoiler ses sentiments, mais elle ne pouvais nous cacher ce que des années d’entraînement nous avaient appris.
Nous retournâmes tous près du corps de notre frère. Braerik le pris dans ses bras comme si il le pesait rien.
-Nous le brûleront en haut de cette colline. Dit Jiehys en tendant le bras vers la colline la plus proche.
Braerik acquiesça et entama la marche silencieuse, le corps de Sireal dans les bras, suivit de près par Jiehys, puis Syllah, derrière suivaient Jarhia et Wirio main dans la main, puis Percian, Callia, et moi, je fermais la marche, sous l’apparence d’une louve d’or.
Braerik déposa le corps au sommet de la colline. Chacun partit chercher du bois, et quelques instants plus tard, une grande pile de bois se dressait pour servir de bûcher funéraire. Braerik déposa le corps dessus. Jiehys l’avait lavé et arrangé de telle sorte qu’il semblait dormir, d’un sommeil très profond. Percian tendit une torche à La jeune femme. Celle-ci la pris d’une main, s’avança vers le corps de celui qu’elle aimait et déposa un baiser sur ses lèvres froides.
- Je t’aimes mon amour murmura-t-elle. Et je te jures que je te vengerais. J’en fait le serrement. Je te vengerais... Un souffle de vent vint lui caresser le visage, faisant voler ses longs cheveux de jais. Elle étais magnifique; grande élancée, belle, fière, et terriblement triste. Elle tendit la torche vers le bois, qui, malgré l’humidité pris rapidement.
- Adieu mon amour! dit Jiehys.
-Adieu Sireal! Dit Percian.
-Adieu mon frère! Dis-je.
Le soleil se couchait lorsque nous partîmes. Je jetais un dernier coup d’œil en arrière, et vit que Jiehys se tenait toujours près du bûcher consumé. Elle nous rejoindrais en temps voulu. Sinon, nous ne la reverrons jamais. Je hurlais un adieu auquel elle répondit d’un hochement de tête. et je partit. Je n’étais pas encore arrivée au pied de la colline, lorsqu’elle me rejoint.
- Plus rien ne me retient là-bas. Me dit-elle en désignant le sommet de la colline. Il n’y est plus. Je doit rester avec vous. Vous êtes tout ce qu’il me reste, et çà je ne veux pas le perdre.
J’acquiesçais et nous repartîmes.
quelques instants plus tard, huit loups couraient vers le nord. A leur tête, une louve d’or.
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