Ma blessure c’était rouverte et le poil de ma cuisse était collé et poisseux, couvert de l’épais coulis rouge du sang. La douleur me faisait boiter, et si je ne me reposais pas bientôt, j’allais m’effondrer. Callia me rejoint.
-Cela fait près d’une journée et une nuit que nous courrons. Tu n’est pas rétablie, et c’est déjà un miracle que tu aies pus te lever de ton lit. Trouvons un lieu sûr et arrêtons nous.
J’acquiesçais, incapable de produire le moindre son. Je me demandais en effet comment j’étais parvenue à me lever, me battre et courir, alors que quelques minutes plus tôt, je m’étais effondrée sur le sol en tremblant.
La douleur était de plus en plus intense, m’assaillant par vague, brouillant ma vue, faisant trembler mes membres et brûlant mon corps, tel un incendie de forêt ravageant tout sur son passage. Soudain, je trébuchais sur une aspérité du terrain, et m’écroulais. J’étais incapable de me relever. Mon corps était traversé de spasmes violents, et mon souffle était rapide, et irrégulier. Mon image se brouilla, et je repris forme humaine. Le reste de la meute m’avait rejointe et avaient à leur tour pris forme humaine. Braerik me repris dans ses bras puissants et me souleva de terre comme si je ne pesais rien. Mais mes tremblement s’accentuèrent, et ma salive qui c’était accumulée dans ma bouche commença à couler de mes lèvres entrouvertes, mêlée de sang. Braerik courut jusqu’à un bouquet d’arbres proche et me déposa rapidement au sol. Syllah se pencha sur moi, ses yeux noirs brillants d’inquiétude. Elle posa sa main fraîche sur mon front brûlant.
-Elle a de la fièvre. Allez me chercher de l’eau froide et trouvez moi des chiffons propres.
Elle inspecta, avec beaucoup de difficultés à cause de mes tremblements, ma cuisse couverte de sang coagulé.
-La blessure c’est rouverte, je vais devoir recoudre... Il y a quelque chose dans cette blessure qui n’est pas normal. J’ai déjà soigné des blessures de flèches, et aucune n’a provoqué une telle réaction. la blessure est propre et j’ai vérifié la flèche pour voir si elle n’étais pas enduite de poison, et ce n’étais pas le cas. Ce n’est pas normal. Elle écarta les lèvres poisseuses et gluantes de la plaie pour inspecter l’intérieur. Je hurlais de douleur en sentant ses doigts pénétrer dans mes chaires. Entre temps, Callia et Braerik étaient revenus avec de l’eau et des chiffons. Callia s’agenouilla près de moi, trempa un chiffon dans l’eau glacée, et entrepris de me nettoyer le visage et la bouche.
-Je cois qu’il y a quelque chose dans la plaie qui n’y étais pas la dernière fois lorsque je l’aie soignée. dit Syllah.
Elle enfonça de nouveau les doigts dans la plaie. Je poussait de nouveau un hurlement, et, la douleur devenant insupportable, je perdis connaissance.
Lorsque je rouvrit les yeux, le soleil brillait au dessus de moi. Les autres dormaient encore autour de moi. Un épais bandage me serrais la cuisse. J’avais la bouche sèche et les lèvres couvertes de sang coagulé. près de moi, Syllah étais assise, le menton reposant sur sa poitrine. Elle avait sûrement dû vouloir me veiller et avait finit par s’endormir. Comme je m’en doutais, Percian n’étais pas là. Il devais monter la garde, dissimulé non loin de là. Je me levais lentement, tremblante, et je marchais jusqu’au cours d’eau un peut en aval. Le sol était glissant, aussi, j’avançais avec prudence. Arrivée devant la rivière d’eau claire et glaciale qui venait du sommet d’une montagne proche, je m’agenouillais et me rinçais le visage, poisseux de transpiration et de sang. Ensuite, je bus jusqu’à ce que je n’en puisse plus. Faible et épuisée, le chemin d retour sur la pente glissante ne me paraissait que peut engageant, aussi, je m’allongeais quelques instants dans l’herbe humide de la rive. Je fermais les yeux, mais à ce moment là, les images de Brioris, Cerhia et Trierae s’imposèrent à moi. La tristesse m’envahit d’un seul coup, m’étouffant, me broyant, me déchirant. Je ne put retenir les sanglots qui me bloquaient la gorge, me coupaient le souffle. De grosses larmes roulaient sur mes joues, brillant dans le soleil, telles des perles de nacre.
-Je vous vengerais. Je vous en fait le serment, je vous vengerais. Vous mes frères.
-Et tu ne seras pas seule!
Je me retournais vivement, surprise, mais ce n’étais que Percian.
-sèche tes larmes petite sœur. On ne pleure pas les morts tant qu’ils n’ont pas étés vengés.
j’acquiesçais et essuyait du revers de ma manche ma joue ruisselante.
-Trop d’entre nous sont morts. Il nous faut le sang de celui qui à causé ces morts. dit-il.
-Et les tuer tous... Tous, jusqu’au dernier. Le chef et ses larbins, ses soldats, ses assassins... Aucuns ne survivrons.
-Et si le commanditaire étais le roi; tu tuerais tout le royaume pour venger les trois vies qui nous ont étés prises? Ne gaspille pas ta salive en vaines paroles, agit!
-tu as raison, mais que faire contre des ennemis dont on ne connais rien?
-Pendant que tu étais souffrante, j’ai inspecté la dague que tu avais récupéré sur le corps de celui qui a tué Cerhia et Trierae. Il s’agit d’une lame de lune. Les lames de lunes sont les armes des assassins royaux. Celui qui est capable d’acheter une telle arme, peut employer n’importe quel assassin, à condition de lui confier la lame pendant la durée de la mission. C’est un rite très ancien, qui permet de lier l’assassin à son employeur. Très peut d’hommes aujourd’hui on accès à ses lames, et le simple fait d’en posséder une peut te faire perdre toute influence et t’empêcher de créer des liens avec quiconque, car personne ne veux fréquenter quelqu’un capable d’engager les plus talentueux assassins, c’est beaucoup trop risqué. Ce qui réduit donc considérablement notre champ de recherche.
Je sortis délicatement l’arme du fourreau de cuir attaché à ma ceinture de cuir. d’un mouvement souple du poignet, je fit glisser la lame dans ma main, pour bien sentir le contact de froid de l’acier sur la paume de ma main. La lame noir brillait d’un éclat étrange, presque malsain. Je serrais la poignée fortement ouvragée dans ma main, et ne pu m’empêcher de remarquer la perfection avec laquelle cette arme avait été forgée. La soie était parfaite, la lame incurvée aussi tranchante que celle d’un rasoir, l’équilibre parfait, et la poignée venait se placer d’elle même au creux de ma main. Ainsi, c’étais cela une lame de lune... Celle-ci représentais la mort de mes amis, de ma famille, de ma Meute. J’avais soif de sang. une soif brûlante, dévorante, un désir de vengeance, si fort, si intense, que j’en eu le souffle coupé.
Cette arme, je la nommais vengeance...
Nous regagnâmes le campement, alors que la nuit commençais à tomber. Mes jambes ne tremblaient plus. Lorsque nous arrivâmes, les autres étaient déjà tous levés, et avaient effacés toute trace de notre passage. Nos images se brouillèrent au moment où nous nous élancions. je sentais mes muscles rouler sous ma peau. Mon poil d’or brillant de mille feu, sous l’éclat du soleil couchant. Je filais, telle une comète à travers le paysage, boule de feu filant à toute allure. De chaque côtés de moi, je voyais mes compagnons. Ils avaient des difficultés à soutenir mon allure; mais j’étais grisée par la vitesse, et rien n’aurais put me faire ralentir, si je n’avais pas vue que Percian et les autres s’arrêtaient.
je fis demi-tour et les rejoignit au petit trot.
-pourquoi vous arrêtez vous?leur demandais-je.
-Cela fait près d’un jour que nous courrons à une allure infernale! il est grand temps de se reposer. Dit Percian.
-Comment cela près d’un jour? Nous sommes partis il y a à peine une heure!
-Tu es sûre que tout va bien?
-Oui... fis-je hésitante.
-tu ferais peut-être bien de te reposer un peut. C’est peut-être le contre coup de ta blessure.
-c’est possible...
Mais un affreux doute me rongeais.
je m’installais à l’ombre un grand chêne, pendant que Sireal montais la garde. Mes compagnons étaient épuisés. Je fermais les yeux dans l’espoir de trouver le sommeil, mais je n’y parvint pas. La douleur dans ma cuisse me lançais, se propageant telle un poison dans toute ma jambe. Bientôt, elle s’étendrais dans tous mon corps. A ce moment là, je mourrais. J’ignore comment je le savais, mais j’en avais la certitude. Le soleil de midi venais déposer sur ma peau de petites taches dorées, en faisant passer ses rayons entre les branches feuillues de l’arbre. Mais je ne ressentais aucune chaleur. Seulement le froid glacial du mal qui me tuais lentement. Les premiers tremblements commencèrent dans mes jambes. Je luttais pour garder le contrôle de mon corps, mais les muscles de mes jambes ne voulurent pas m’obéir. La peur me tiraillait les entrailles et me nouais la gorge. je sentais mon rythme cardiaque s’accélérer. Je me forçais à garder l’esprit clair et la respiration calme. incapable de réfléchir correctement, je ne vis qu’une seule solution. Je devint floue, et quelques instants plus tard, une louve d’or tremblante étais couchée au pied du grand chêne, le soleil jouant dans sa fourrure de miel, provoquant mille reflets irisés. Petit à petit, la douleur reflua, mes tremblements s’apaisèrent, et mon cœur repris son rythme calme et posé habituel. Je me dirigeais vers Percian. Il étais allongé un peut plus loin, les yeux fermés, la respiration calme de ceux qui dorment. Mais je savais que ce n’étais pas le cas.
- Qu’y a-t-il Erilys? Il se redressa et ouvrit les yeux.
- La flèche, il y avais quelque chose dessus. J’ignore quoi, mais je sais que ça agit comme un poison.
- et pourtant, syllah n’a rien détecté dans ta blessure, et tu est encore en vie.
- Peut-être que Syllah n’a rien détecté parce qu’elle ne cherchais pas ce qu’il fallais chercher.
- Que veux-tu dire?
-Elle cherchais sûrement un poison, don un liquide, mais et si la chose en question étais un solide. Quelque chose libérant un poison mortel lentement. Quelque chose qui les attires..on. Cela expliquerais comment ils nous trouvent si facilement.
- c’est possible, mais dans ce cas, pourquoi n’es-tu pas encore morte?
-Cela faisait parti de leur plan. Ils savent que nous nous transformons en loup. Et dans ces situations là, le système immunitaire du loup est additionné au notre, ce qui me permet de combattre le poison. C’est pour cela que je ne ressent aucune douleur quand l’instinct animal du loup prend le dessus. Et lorsque je prend l’apparence d’un loup, mon corps et mon esprits sont tellement accaparés par le combat cotre le poison, que je n’ai plus aucune notion de la réalité.
-c’est pourquoi tu as en ce moment même l’apparence du loup...
- Oui. Mais cela veux dire aussi que si nos ennemis ne m’ont pas achevés, ce n’est pas parce qu’ils n’en ont pas pis la peine, car c’est une erreur stupide, mais parce que ce qu’ils désirais, c’étais que je parte avec vous.
- Donc d’après toi, ils savent exactement où nous sommes?
- Oui. Et ils sont peut-être déjà là...
Une lueur d’inquiétude brilla dans son regard. Il se redressa brusquement, et partit en courant vers l’endroit où Sireal montais la garde, moi sur ses talons. Mais lorsque nous arrivâmes, il étais trop tard. Sireal gisais sur le sol, la gorge ouverte, le sang qui coulais le long de son cou étais encore tiède.